Nord-ouest des États-Unis – Un crochet par le Colorado (de Green River à Vernal, Utah)

Été 2015 – Californie, Utah, Wyoming, Idaho, Oregon : un mois sur les routes du nord-ouest américain en famille.

Maintenant, l’objectif est clairement d’atteindre le parc national de Yellowstone, au nord du Wyoming. Pour ce faire, plusieurs jours de route pas forcément du plus grand intérêt sont prévus…
Aujourd’hui, on commence à remonter vers le nord pour rejoindre Vernal, toujours dans l’Utah. Comme on est prêt relativement tôt, comme nous ne sommes pas très loin de Arches, comme nous avions adoré ce parc il y a 9 ans (déjà !) avec Thierry, et comme nous sommes ambitieux et un peu fous, on décide sur un coup de tête de faire un détour pour aller y jeter un œil avant de prendre la route que l’on sait pourtant déjà assez longue pour la journée.

On atteint Moab assez rapidement, on y trouve de quoi manger et on stocke le tout dans notre glacière (qui n’en est pas une) pour le pique-nique du midi.

On regarde derrière nous avec une certaine appréhension… le ciel est bien chargé !

Appréhension qui s’avère entièrement justifiée : à force de flirter avec les orages, ce qui devait arriver arriva, et l’on commence la visite sous des trombes d’eau, des éclairs et du tonnerre à tout va.

Quoi qu’en cherchant vraiment bien, on peut encore trouver un petit carré de ciel bleu…

Les gouttes s’estompent peu à peu, mais le ciel reste bien gris et les couleurs bien ternes. Le plaisir d’être ici reste entier, l’espoir que le temps s’améliore aidant.

Par contre, on remarque bien vite que l’on est en été : nombreux sont les visiteurs et il est parfois difficile de trouver une place où se garer ! C’est la première fois depuis notre arrivée que l’on ressent l’effet « tourisme de masse ». Cela reste cependant très léger, les parcs sont tout à fait adaptés à accueillir beaucoup de monde et on ne se sent pas oppressé comme on pourrait l’être à certains endroits, l’été, en France (endroits que je fuis avec soin, d’ailleurs).

Bien que moins forte, la pluie tombe toujours, on se demande où l’on va bien pouvoir manger… Pour une fois qu’on avait anticipé et prévu notre en-cas, avec la glace pour le maintenir au frais, nous voilà servis ! Mais ça fait partie du jeu, ce n’est pas grave, je suis déjà contente d’être ici alors que ce n’était pas prévu au programme…

On décide de repartir sans avoir fait le tour complet de Arches.

La petite s’est endormie, la grande se plaint d’avoir faim à une fréquence de plus en plus élevée, la pluie a cessé, et il y a encore de la place dans l’aire de pique-nique que l’on croise avant notre sortie… Hop, on passe à table. Qui sait, le soleil fera peut-être son apparition par la suite ?

Ben voilà, il suffisait de demander : dès la fin du repas, Mister Blue Sky est de retour !

Finalement, on décide d’aller jeter un œil au « bout » du parc pour y voir quelques arches de plus près. On fait la petite balade quotidienne entre les roches… Ça nous manquerait, sinon !

Et c’est reparti pour quatre heures de route.

Ça vous a dépaysé ? La suite va être plus surprenante encore… On passe par l’état du Colorado, sur la route 139, et là, franchement, on s’est cru en France, en Auvergne. Adieu les grandes lignes droites, adieu les paysages changeants : on retrouve la route un peu fatigante, pas vraiment sinueuse mais aux nombreux virages. On traverse une forêt « bien de chez nous », en dehors de la ligne jaune qui rythme inlassablement notre route, rien ne nous montre que nous sommes en plein Colorado !

La route est un peu longuette aujourd’hui, non seulement par la distance à parcourir mais aussi par ce qu’elle nous offre comme paysage : c’est un peu toujours la même chose, contrairement aux jours précédents. C’est la raison pour laquelle on aimerait atteindre Fantasy Canyon, un lieu assez confidentiel, qui permet d’observer des fonds marins absolument somptueux. Hein, quoi ? Mais qu’est-ce qu’elle raconte, là… Non, on est bien sûr censé y découvrir encore et toujours des roches, aux allures très originales.
Seul hic : je ne sais pas comment on y accède, et impossible de se connecter sur la route… On demande notre chemin à des policiers qui n’ont jamais entendu parler de ce lieu mais qui ont la gentillesse de regarder sur internet pour nous. On suit donc les indications, on prend un chemin qu’absolument personne n’emprunte, visiblement…

Nous sommes entourés de… rien, à perte de vue. On ne sait pas exactement où l’on va, mais on avance… On sait simplement qu’il faudra tourner, à un moment donné. Le GPS s’obstine à vouloir nous faire faire demi-tour, quant à la bonne vieille carte Michelin, elle ne nous est d’aucune aide tant l’endroit est reculé et désert. Ah, voilà enfin un panneau qui pourra nous guider, j’en suis sûre…

À contre-jour, je ne vois rien… je me rapproche, je ne vois pas mieux. Mini Gnomette lance fièrement « Maman, il y a un ‘L’ ! », c’est vrai, c’est d’ailleurs l’une des deux seules lettres que l’on arrive à déchiffrer clairement sur ce panneau. Et qui ne correspondent à strictement rien sur la carte !

Au hasard, on tente tout droit… bonne pioche ! On retrouvera, quelques miles plus loin, un « village » qui semble déserté du nom de Bonanza, que l’on retrouve sur notre chère carte Michelin. On retombe sur nos pieds, mais l’heure tournant et la lassitude gagnant le reste de l’équipe, on décide d’abandonner Fantasy Canyon, même si l’on croise des panneaux indiquant sa direction.
Ça tombe plutôt bien : on n’a jamais trouvé ces fameux panneaux, (presque) aucun regret, donc !

Qui peut bien recevoir du courrier ici ?

On finit par arriver à Vernal, les filles sont enchantées d’y découvrir des dinosaures décorant la ville (nous sommes à proximité de Dinosaur National Monument).
L’hôtel est plutôt très chouette : spacieux, confortable, propre, avec piscine et aire de jeux. Comme on y reste deux nuits, le ton est donné : demain, ce sera glandouille et journée tranquille !

Après une « vraie » pizza avalée tardivement, direction dodo, plus personne ne tient debout.

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