Noirmoutier : le carnet

Juin 2018, Île de Noirmoutier, Vendée, France.

  • arrivée à Noirmoutier, passage du Gois, plage des Dames, l’Estacade, Pointe de l’Herbaudière

  • balade à vélo dans le nord de l’île, marais salants

  • Port de Morin, bois et plage des Éloux, moulins de la Guérinière, port ostréicole du Bonhomme, cimetière de bateaux, shopping noirmoutrin

Cette escapade revêt un caractère particulier pour moi, puisqu’il s’agit de mon premier départ en solitaire.

Partir seule. Ce qui peut sembler naturel pour beaucoup n’a pas été une démarche facile pour moi, quitter mes Gnomettes et mon Lutin adorés n’était vraiment pas immédiat. Aucune culpabilité cependant, je trouve qu’il est plutôt sain, voire nécessaire, de s’autoriser à vivre des moments les uns sans les autres ! La solitude non plus n’était pas un frein… La difficulté était d’un tout autre ordre, mais vous savez quoi ? J’ai osé, je l’ai surmontée et je suis RA-VIE de ces quelques jours noirmoutrins !

À en juger par les réactions de certains de mes amis ou par les nombreux témoignages glanés sur la toile, le voyage en solo suscite de nombreuses interrogations, peut-être ce sujet fera-t-il l’objet d’un prochain article…

Mais sans plus attendre, place aux marais salants, aux plages, bois et maisonnettes blanches et bleues, aux oiseaux et à la découverte d’une île dont le charme m’a enivrée !

Jour 1 – Arrivée à Noirmoutier-en-l’Île

Et voilà. Après y avoir pensé pendant des mois, des années peut-être, ça y est, ce jour est arrivé : je m’apprête à partir seule. Direction Noirmoutier, que je ne connais pas… Le ventre noué à l’idée de laisser ma petite famille, surexcitée à l’idée de découvrir en totale liberté cette île, c’est un joyeux mélange d’émotions et de questions qui m’accompagnent jusqu’à l’aéroport.

J’atterris à Nantes quelques heures plus tard, récupère ma voiture, et c’est parti pour un long roadtrip : cheveux au vent et sourire aux lèvres, au volant d’une décapotable aussi souple que puissante, je baigne dans une douce chaleur printanière sous un soleil coloré, j’avale les kilomètres sans les voir défiler, subjuguée par les paysages qui m’entourent – STOP ! N’importe quoi. Vous imaginiez Grace Kelly dans la Main au collet ? Oui… mais en fait, non. Pas exactement.

Reprenons tout. Plantons le décor : ma petite voiture de location « classe éco » ne me déplaît pas, si l’on omet le fait que le volant cache le compteur kilométrique. Pratique. Le temps n’est pas déplaisant non plus, si l’on omet la pluie et la grisaille. Je n’ai pas pris de crème solaire : tant mieux. La route n’a rien de déplaisant non plus, si l’on omet… à peu près tout, car il n’y a pour ainsi dire rien de remarquable sur le trajet.

Par contre, le sourire est bel et bien là, ancré sur mon visage, je savoure ces premiers moments de liberté, j’ai hâte de rejoindre mon hôtel et de partir à l’aventure !

Première étape, le passage du Gois.

Le passage du Gois relie l’île au continent par une route de 4 kilomètres submersible à marée haute. On peut rejoindre l’île par un autre pont, mais le Gois faisant partie des incontournables du primo-touriste noirmoutrin, j’avais opté pour un vol qui me permettrait d’arriver sur place à marée basse.

Info pratique :

On peut emprunter le passage du Gois de 1h30 avant l’horaire de basse mer jusqu’à 1h30 après. Voici les horaires, sur le site de l’office du tourisme de Noirmoutier : horaires des marées.

Je l’atteins donc sous un ciel… « intéressant », comme me l’a très justement fait remarquer l’une de mes sœurs. Les nuages m’encerclent, j’entends au loin le tonnerre qui gronde, les couleurs ont disparu… Si l’endroit en lui-même ne m’emballe pas plus que cela, le simple fait d’être au grand air, d’admirer la reflet du ciel déchaîné dans les flaques d’eau, et de faire mes premiers pas en solitaire me ravit.

Je prends mon temps pour observer les pêcheurs à pied et admirer ce climat menaçant. Appareil photo en main, bien que déçue mais non surprise des clichés qui s’affichent sous mes yeux, je sais dores-et-déjà que je vais aimer ces quelques jours de tête à tête avec mon Canon préféré !

Voici l’un des emblèmes de l’île : les refuges du passage du Gois. Si d’aventure l’on se fait surprendre par la montée des eaux, pas de panique, on aura le plaisir de passer les 6 prochaines heures perché sur l’un de ces piliers…

Je reprends la route en direction de Noirmoutier-en-l’île, où se situe mon hôtel. Je me sens très vite bien naïve, pour ne pas dire un peu (très) bête : j’avais regardé la carte de Noirmoutier plusieurs fois, mais jamais je n’avais réalisé que c’était si grand !

Bon, avec le recul, je ne peux pas dire de l’île qu’elle est immense : pour donner une idée, sa visite peut se faire en une journée. Mais moi qui rêvais d’isolement, de solitude et de calme, je dois reconnaître que découvrir une voie express limitée à 110 (là où depuis Nantes je n’avais pu dépasser les 90 km/h) me surprend… Peut-être étais-je trop imprégnée du récent souvenir de l’île de Bréhat ?

Mais la joie d’être ici est telle que cette surprise ne l’entame pas, disons simplement que je suis dans l’expectative… Prudente, je ne me laisse pas aller à la déception : « qui vivra verra » !

Me voici arrivée à l’hôtel, et l’enchantement réapparaît. L’accueil y est des plus agréables, l’enthousiasme que met l’hôtelier à me conseiller telle ou telle balade dans l’île me donne envie de tout découvrir dès maintenant !

[+ d’infos sur l’hôtel]

C’est d’ailleurs ce que je fais sans attendre : direction la plage des Dames et l’Estacade, à quelques centaines de mètres de là.

Pluie oblige, les couleurs sont ternes, mais j’aime d’emblée ce lieu paisible qui regorge de belles surprises. Je fais connaissance avec mes premières cabanes/cabines typiques de Noirmoutier, alignées bien sagement les unes contre les autres, observant à loisir la plage dont elles dessinent le contour.

Elles semblent renfermer des secrets estivaux ; elles sont les promesses d’éclats de rires enfantins, de premiers baisers adolescents, de joies partagées devant la mer si belle et si vivante… telles une parenthèse, un pied de nez à la vie quotidienne, rassurantes et presque souriantes.

Mais pour l’heure, loin d’un quelconque rayon de soleil, la pluie commence à pénétrer mes vêtements et a découragé tous les visiteurs du soir : je suis seule à bénéficier de cette plage pleine de charme ! Quel plaisir !

Complètement trempée, je me dirige vers le ponton, j’ai nommé : l’Estacade. Je suis surprise d’y découvrir des rochers plongés dans une eau turquoise, voire verte, digne des plus beaux lagons tropicaux. Une telle couleur sous un ciel gris, c’est incroyable ! Je n’ai pas eu l’occasion d’y retourner sous le soleil, mais cela doit être magnifique.

Je vois au loin quelques éclaircies dans le ciel, j’espère secrètement qu’elles pourront illuminer ce cadre enchanteur… En attendant, je m’amuse avec les reflets des arbres contre la balustrade, je ne me lasse pas d’admirer cette couleur intense. Plus la pluie m’enveloppe, plus j’apprécie la solitude qui m’accueille ; j’aime affronter ce climat peu amène : je l’ai, mon grand bol d’air !

En revanche, je n’ai pas mon éclaircie : pas grave, mes yeux savent admirer et apprécier à leur juste valeur ce qui m’entoure, et tant pis pour les photos ! Vous devrez, chers voyageurs en herbe, aller sur place pour découvrir à votre tour ce petit coin (peut-être pas si) perdu sous le soleil…

Je décide ensuite de rejoindre ces arbres qui m’ont offert de jolis reflets : je m’engouffre dans le bois de La Chaise. Là encore, c’est un moment très agréable. Plus habituée aux pins en bord de mer, je découvre des arbres très expressifs, si tant est qu’un arbre puisse l’être : leurs troncs sont tortueux, les couleurs ressortent malgré la grisaille, les points de vue sur l’Estacade puis sur la plage de l’Anse Rouge sont envoûtants.

L’un des grands plaisirs que je découvre en voyageant seule est de perdre la notion du temps. Sans contrainte, je file au gré de mes envies sans réaliser que l’heure tourne… Or le soir approche ! Si je veux avoir une chance de dîner quelque part, il me faut retrouver ma chambre (et accessoirement enfiler des vêtements secs).

Me voici donc à l’étape qui semblait en inquiéter beaucoup : « Mais… euh… tu vas aller au restaurant seule ? Ça ne va pas être trop dur ? ». J’avoue que je n’envisageais pas vraiment ce moment comme une grande partie de plaisir, mais le ventre vide et la faim aidant, je n’ai pas songé une seule seconde à l’éviter ! L’éventuelle appréhension qui aurait pu m’accompagner s’est totalement dissipée dès lors que j’ai franchi la porte de la crêperie du coin, rapidement remplacée par un appétit grandissant.

Et pour être honnête, je dois reconnaître que j’ai même ressenti une certaine puissance à transgresser le convenu. Oui, bon, d’accord, on est très loin du révolutionnaire activiste ! Aller au restaurant seule n’a rien d’un acte héroïque, écrire ces mots me fait d’ailleurs bien rire. Mais les quelques très (très très) rares regards de biais des autres clients m’ont non seulement amusée, mais se sont aussi avérés assez jouissifs : « Je suis seule au resto, je souris et je vous emmerde ! ». Petit plaisir mesquin mais pas nécessairement anodin… Et pour compléter et clore le chapitre « manger en solo », je tiens à préciser que je ne me suis jamais sentie seule, pour la simple et bonne raison que je ne l’étais pas. Physiquement, bien sûr, j’étais en tête à tête avec mon appareil photo sur lequel je regardais les images de la journée. Mais moralement, je me sentais très entourée, mes Gnomettes, mon Lutin et mes proches étaient là aussi… J’aurais tendance à dire qu’il n’y a pas de raison de se sentir davantage seul qu’au quotidien !

Sur le port de Noirmoutier-en-l’Île, j’engloutis donc une délicieuse galette suivie d’une tout aussi délicieuse crêpe, avant de réaliser que le temps du repas, le ciel s’est dégagé. La fin de soirée approchant, sur les conseils du restaurateur, je file sans traîner à la Pointe de l’Herbaudière admirer le coucher de soleil. Je pense à Mini Gnomette qui les apprécie particulièrement…

[+ d’infos sur les restos]

Ciel dégagé, disais-je ? Pas tant que ça. Mais ça n’enlève rien au charme du lieu et du moment.

Bon, ça ne sera pas le coucher de soleil du siècle, je suis arrivée un peu tardivement et j’ai loupé le rougeoiement que j’espérais… Même si je prends beaucoup de plaisir à parcourir la pointe de part en part, je suis nettement moins sensible aux attaques répétées et sans vergogne des moustiques locaux !

Je retrouve donc ma petite voiture, et hop, au lit ! Je tente sur le chemin du retour de longer la côte ; je découvre ainsi, dans la pénombre, quelques villages dont les maisons unanimement blanches et bleues annoncent une journée très prometteuse pour le lendemain…

Jour 2 – Boucle à vélo dans le nord de l’île, marais salants

Après une bonne nuit de sommeil, je me réveille avec un appétit d’ogre. Appétit au sens propre que le somptueux petit dej de l’hôtel comblera bien rapidement, appétit au sens figuré que le tour du nord de l’île à vélo saura également combler, je l’espère. Contre toute attente, ou du moins à l’encontre des prévisions météo, le temps est clément est engageant, c’est le moment ou jamais d’enfourcher mon fidèle destrier pour la journée !

[+ d’infos sur le petit dej]

Info pratique :

Le vélo se prête particulièrement bien à la visite de l’île. On trouve des vélos en location un peu partout, et parfois directement à l’hôtel, comme c’était mon cas. Sans aucun dénivelé, les différents chemins ne présentent aucune difficulté, il serait donc dommage de faire l’impasse sur cette activité ! Toutes les infos sur les balades à vélo ici, sur le site de l’Île de Noirmoutier.

Je souhaite faire la boucle Entre plages et ports… Armée de la carte et des commentaires reçus par l’hôtelier, je me dirige vers Noirmoutier.

Les petites ruelles, que je n’avais pas vues la veille, me permettent de m’imprégner de l’ambiance paisible et de plonger dans les couleurs blanches et bleues que je retrouverai toute la journée, sur les maisons comme sur les plages.

Je quitte Noirmoutier-en-l’Île en direction de la côte. En longeant la jetée, des oiseaux attirent mon attention. Bon, il faut savoir que je ne connais rien ou presque au monde animal – ni végétal, d’ailleurs. Je suis même connue pour ça dans la famille… mais ça ne signifie pas que je sois insensible à la nature qui m’entoure, disons que je me contente de l’apprécier avec les yeux. Et ces petits oiseaux qui ne m’arrivent pas au genou, très fins, très élancés, très peu timides m’intriguent particulièrement ! Ils volent et se posent sans cesse autour des promeneurs comme s’ils étaient totalement transparents.

Une recherche rapide sur internet me confie qu’il s’agit d’échasses blanches.

Je poursuis mon chemin en direction du bois de la Chaise que j’ai déjà traversé hier. L’idée est de rejoindre la côte après la plages des Dames, un peu plus au nord. J’avoue ne pas avoir très bien compris quels chemins emprunter, j’ai dû louper des balises ou tout simplement ne pas être sur la bonne route. Quoi qu’il en soit, aucune inquiétude à avoir, il est impossible de se perdre : on se repère très bien, même sans suivre le tracé exact de la carte !

Bien que l’endroit soit assez peu praticable à vélo (il s’agit d’impasses qui mènent droit à la mer), je décide de bifurquer de temps à autres sur ma droite pour m’extraire des arbres – au demeurant très agréables – et jeter un œil aux vaguelettes… Je ne suis jamais déçue. La plage des Souzeaux puis la plage de la Clère sont magnifiques.

Je ressors vite de la forêt, et je réalise que le soleil ne va pas être mon ami aujourd’hui… Finalement, peut-être aurais-je dû m’encombrer d’un tube de crème solaire ! Le ciel est couvert, les optimistes diraient voilé, les pessimistes diraient bouché et gris, je ne sais dans quelle catégorie me positionner mais une chose est sûre, j’apprécie mal la manœuvre car bien que caché, le soleil transperce les nuages tout autant que ma peau.

Bon, faisons comme si de rien n’était ! Je suis tellement heureuse d’avancer au rythme de mon pédalier, libre et (presque) seule au monde que j’arrive sans effort à oublier mon début de brûlure et que j’atteins Le Vieil et la plage du Mardi Gras.

Bien sûr, je quitte régulièrement le parcours prévu pour fureter de-ci de-là dans les patelins toujours charmants, paisibles, bleus et blancs. Je suis fan.

Le Vieil est une bourgade sympathique ; j’y trouve une ambiance détendue et animée… Attention, on ne parle pas ici d’animation type Ibiza, fiesta et musique entraînante – ouf !, mais simplement de gens partageant un moment agréable autour d’un café ou d’une bière en terrasse, ce qui contraste grandement avec les premiers kilomètres de balade pendant lesquels je n’ai croisé pour ainsi dire personne. On sent qu’il fait bon vivre ici… Qu’en est-il en période estivale ?

Prochaine étape, l’Herbaudière. Tiens, il se met à pleuvoir… Excellent prétexte pour faire une pause déjeuner, ou plutôt une pause grignotage-sur-sable-mouillé, avant d’atteindre le port. Même avec la pluie finie, je savoure mes madeleines tout comme mon épopée (oui, rien que ça). Je prends mon temps, j’ai le temps de prendre le temps, n’est-ce pas incroyablement délicieux ?

Une fois repue, je repars… et m’aperçois bien vite que j’ai perdu mon plan. Bon. Ce n’est pas grave, je sais à peu près où aller ! Après tout, j’ai Maps sur mon téléphone, une idée de ce que la boucle proposait, aucun souci.

C’est donc armée de mon GPS qui a nettement moins de charme que ma carte papier et dont les instructions vocales font rire les passants que je déambule sur le port de l’Herbaudière.

Si ce port n’a rien de déplaisant, je dois reconnaître que je ne suis pas éblouie pour autant. Je trouve l’endroit assez neutre…

Je décide ensuite de faire l’impasse sur la pointe de l’Herbaudière, vue la veille, pour attaquer ce qui m’enthousiasme tout particulièrement : les marais salants ! J’avais regardé la carte de l’île avant de choisir Noirmoutier pour destination, et les très nombreux marais salants ont joué un rôle important dans ma décision. J’adore ces marais, je garde un excellent souvenir de notre visite de Guérande quelques années plus tôt. Aveuglément confiante dans la bien nommée Maps, je choisis une première étape un peu au hasard, en plein milieu des marais, et pédale de bon cœur.

Je poursuis une piste engageante et dégagée, j’ai hâte de sortir de la forêt pour atteindre les premiers marais qui semblent tout proches.

Peu à peu cependant, la piste se transforme en chemin sablonneux. Je dérape une fois ou deux, le vélo n’est pas du tout adapté à ce genre de sol… Motivée, j’insiste et persévère, mais je me retrouve rapidement à pied, à pousser mon vélo, cette fois dans du sable complet, avec à peine assez de place pour passer, entourée de végétation et de ronces dont je perturbe le repos… La progression est assez difficile ! Je ris de bon cœur de ma naïveté. Note to myself : ce n’est pas parce qu’un tracé existe sur Google Maps que le chemin en question est accessible !

Ce tronçon est assez éprouvant, mais, surtout, je n’ai absolument aucun moyen de savoir s’il va encore s’étendre sur 200 mètres ou 4 kilomètres ! Coup de chance, le « chemin » débouche rapidement sur un sentier entouré de marais. Me voilà récompensée de mes efforts somme toute assez brefs, je suis aux anges !

Je crois l’avoir déjà dit plusieurs fois dans ce carnet : j’ai pu à maintes reprises être isolée, seule, et profiter de moments paisibles que j’affectionne tout particulièrement. Mais à cet endroit précisément, il n’y a personne, vraiment personne, ni de loin, ni de près, aucun son d’activité humaine ne me parvient, quel bonheur ! Les marais, forgés de la main de l’Homme, ainsi que quelques outils de saunier montrent cependant que l’endroit n’a rien de sauvage.

Je suis accueillie par des avocettes élégantes, je les observe longuement…

Je poursuis ma visite des marais lorsque j’aperçois à travers des herbes, non loin de moi, quelques chevaux en liberté. Je sors mon appareil, installe le 300 en espérant qu’ils ne s’enfuiront pas…

Je reprends mon vélo pour tenter de les approcher… quelle chance, ils sont toujours là ! Puis j’éclate de rire intérieurement : en réalité, les chevaux ne sont qu’à quelques dizaines de centimètres de la route…

… et parfaitement immobiles. Aucun mouvement ne les anime, au point qu’il se dégage un sentiment d’étrangeté et que j’en éprouve un léger malaise. Je suppose qu’ils dorment, mais leurs yeux sont ouverts et les quatre semblent figés ; je réalise alors que je ne crois pas avoir déjà vu une telle scène. Le malaise perdure jusqu’à la rencontre d’un autre cheval, isolé cette fois, aussi dynamique qu’une roche de plusieurs millions d’années.

Une question enfantine me hante : mais comment les équidés dorment-ils ???

J’arpente les marais au gré de mon inspiration, puis direction Noirmoutier pour terminer ma boucle.

En terme de kilomètres, cette balade n’était pas très longue. Mais j’aime prendre mon temps, prendre des photos, beaucoup de photos, énormément de photos, m’éloigner du parcours, y revenir, me perdre… ce qui aurait pu être fait en 2 heures m’a pris la journée. Je rentre à l’hôtel fatiguée, mais légère, légère ! Pour une première journée en solo, je suis sur mon petit nuage, j’ai su apprécier ce qu’offrait la solitude et je me suis réellement fait plaisir en découvrant cette partie de l’île. Bon, par contre, ma peau est aussi rouge que mon moral est au beau fixe. Pour soulager cette sensation de cuisson, je rêve d’un plongeon dans la piscine de l’hôtel…

[+ d’infos]

C’est un vrai délice de terminer la journée dans ce cadre propice à la détente, et, une fois encore, totalement seule. Pour terminer cette chouette journée en beauté, je m’accorde un resto chaudement recommandé par l’hôtelier. Un peu déçue par la carte, mais pas déçue par l’assiette, je me réfugie rapidement dans mon lit pour un repos bien mérité. Cette fois, je pense à fermer les volets, et je coupe le réveil du lendemain matin, les Gnomettes sont prévenues : pas d’appel avant l’école, la grasse mat’ est pour moi !

[+ d’infos sur les restos]

Jour 3 – Partie centrale de l’île

Literie excellente, pénombre assurée par des volets efficaces, calme ambiant, que demander de plus pour une nuit réparatrice ? Rien. Tout y est.

Je profite du petit dej pour planifier la journée. Cette fois, la pluie étant au rendez-vous, je délaisse le vélo pour visiter le centre de l’île en voiture et atteindre les points touristiques encore inconnus…

Première halte : le port Morin. C’est un port. Il s’appelle Morin.

(Oui, je suis très perspicace et je sens que je vous offre des informations absolument incontournables pour visiter cette belle île de Noirmoutier.)

Il pleut.

(Oui, mon récit va bientôt rejoindre les meilleures œuvres littéraires de l’année, ça aussi je le sens.)

J’avoue ne pas avoir grand chose à dire de cette étape. Je ne suis pas très sensible à son charme que la pluie rend de toute façon inexistant. Mais j’apprécie malgré tout le grand air et les promesses d’horizons lointains que proposent les bateaux…

Oh, mais… que vois-je ?

Une touche de couleur ! Tout ce rouge dans une grisaille uniforme, mes yeux en restent coi.

Ah mais oui, c’est l’un des deux phares du port. Sur la table panoramique, en bout de jetée, on découvre des mosaïques réalisées par des enfants, elle apporte également un peu de couleur et laisse à penser que l’endroit doit être bien plus sympa avec un peu de lumière.

Au loin j’aperçois un moulin… J’espère en voir davantage plus tard dans la journée : c’est prévu au programme.

Toujours avec les gouttes de pluie pour compagnes, je reprends la route en direction du bois et de la plage des Éloux. Attention, gros coup de cœur en perspective !

Je me gare sans trop savoir si j’en ai le droit et m’enfonce dans la forêt. Forêt de pins, cette fois, plus habituels en bordure de mer…

J’imagine qu’il doit être appréciable de s’y promener, au frais, au cours d’une journée ensoleillée en plein été ! Sans arriver à vraiment déterminer ce qui me plaît, je me sens bien ici, les lieux sont agréables, l’alternance de clairières et d’endroits plus denses, les chemins qui montent et qui… descendent (hé oui) font de ce bois une belle découverte.

J’atteins assez rapidement la plage des Éloux, particulièrement propice aux jeux photographiques, avec ses pieux anti-érosion, ses digues couvertes d’algues et les fleurs printanières. La pluie a laissé place au crachin, je suis trempée mais réellement envoûtée par cette plage !

J’y reste un temps considérable, prenant mille et unes photos. Rassurez-vous, je vous épargne l’album complet… mais en voici quelques unes.

Deux heures.

Deux heures ?

Oui, deux heures. C’est le temps que j’ai passé à m’émerveiller dans le bois des Éloux et sur la plage du même nom. Je n’aurais jamais dit que tant de temps s’était écoulé ! J’ai adoré. Tout est dit !

Je reprends donc la voiture pour rejoindre La Guérinière et plus particulièrement ses moulins.

Autant le dire tout de suite, c’est LE flop du mid-week. Je m’attendais à voir des moulins, je n’en ai vu que des bribes. Non qu’ils n’existent plus, mais ils ne sont tout simplement pas accessibles car dans des propriétés privées ! Il est donc impossible de les approcher. Jugez plutôt :

Peut-être ne suis-je pas allée au bon endroit… j’ai pourtant suivi les conseils et surtout les adresses trouvées sur différents blogs. Mais force est de constater que, pour l’heure, je devrai me passer de moulins. Qu’à cela ne tienne, je file vers la prochaine étape : le port du Bonhomme, toujours à la Guérinière.

Je savais que c’était un port ostréicole, mais allez savoir pourquoi, je ne m’attendais pas à ça. J’avais certainement en tête les ports ostréicoles de Bretagne, de Charente Maritime ou encore d’Irlande qui ne m’avaient pas déplu.

Bien sûr, dans la grisaille et même sous la pluie, l’âme d’un lieu peut vite disparaître. Bien sûr, je n’aime pas les huîtres et n’en mange jamais. Bien sûr, je reste déçue de ma précédente étape. Bien sûr… oui, mais. Mais malgré tout, je ne trouve pas grand intérêt à ce port. Pour les gourmets, l’idée est certainement de déguster des huîtres, de découvrir le métier d’ostréiculteur, peut-être… Mais pour les yeux ou le charme du lieu, on repassera. Je sors de ma voiture en tout et pour tout 10 secondes et décide d’aller me vautrer dans les affres de la surconsommation. Autrement dit, d’acheter des petits cadeaux pour mes Gnomettes et mon Lutin…

Je découvre quelques boutiques au centre de Noirmoutier-en-l’Île dans lesquelles je trouve des souvenirs qui raviront sans aucun doute les curieuses qui attendent mon retour : biscuits locaux, sel, mini boîtes au trésor, magnifiques cartes postales, condiments et j’en passe… Je me surprends à apprécier ce moment de flânerie dépensière, moi qui déteste le shopping. Les gens, aussi, sont particulièrement avenants, conviviaux, agréables. Ai-je déjà mentionné que durant tout mon séjour, je n’ai rencontré que des personnes adorables ? Alors évidemment, quand l’ambiance et le cadre s’y prêtent, ça change tout ! J’en viendrais presque à aimer faire du lèche-vitrine…

[+ d’infos sur le shopping]

Ultime visite de la journée et de l’escapade noirmoutrine : le cimetière de bateaux. Je n’avais rien lu à ce sujet, du moins pas sur les quelques blogs que j’avais parcourus pour préparer mon trip, mais l’hôtelier qui m’avait accueillie à mon arrivée l’avait furtivement évoqué, et ce n’était pas tombé dans l’oreille d’une sourde : j’adore ce genre de lieux.

Toute bonne chose ayant une fin, c’est ma dernière soirée ici… Pour fêter l’occasion, j’entre dans un resto au hasard, au feeling : bonne pioche ! Quel délice ! Voilà qui clôture à merveille cette superbe escapade en Vendée.

[+ d’infos sur les restos]

Le retour, l’heure du bilan

Et voilà, après une dernière nuit sur l’île, mon voyage s’achève… Je suis enchantée de l’avoir passé seule, je suis enchantée de l’avoir passé à Noirmoutier, je suis enchantée de tout ce que j’ai découvert, je suis enchantée « tout court ». Je me dirige vers Nantes pour le vol qui me ramènera auprès des miens que j’ai hâte de retrouver, et j’en profite pour faire le « bilan » de ces quelques jours :

  • L’île de Noirmoutier m’a charmée, je suis conquise ! Tant de variété, une ambiance si paisible, un accueil si agréable, l’équilibre parfait entre solitude et animation ont fait de cette parenthèse un moment très apprécié. A refaire, sans hésiter ! Y compris, voire surtout en famille : le lieu s’y prête tellement…
  • Quant à l’escapade en solo, je regrette de ne pas l’avoir fait plus tôt. Je dois honteusement avouer que je suis assez fière d’avoir franchi le pas, et que je le referai, c’est certain. Pour celles et ceux qui hésiteraient, je n’ai qu’une chose à dire : foncez ! Bien sûr, le vécu de ce genre de parenthèse en solitaire diffère selon le caractère et les attentes de chacun, si j’ai adoré, d’autres peuvent évidemment détester. Mais si une hésitation subsiste, c’est que l’envie est là, alors il serait dommage de ne pas vivre ce moment particulier pour se faire sa propre idée !

Au cours du vol, je feuillette nonchalamment un magazine de la compagnie sur les voyages… Mon œil est attiré par des paysages et des couleurs inhabituelles… Tiens tiens, intéressant, cet article sur le sud de l’Irlande ! À quand mon prochain départ ?

5 réponses
  1. Kathy
    Kathy dit :

    Merci pour ce carnet il va me servir, nous partons le 20juillet 2019… superbes photos…j’ai pas encore tt lu Grace Kelly😂…moi je part avec mes lutins. je reviendrais surement vers vous… pour des questions

    Répondre
    • Korrigane
      Korrigane dit :

      Merci Kathy pour ton commentaire ! En juillet ça sera une autre ambiance, c’est sûr : beaucoup plus de monde, j’ai pu redécouvrir Noirmoutier il y a quelques semaines avec beaucoup de vacanciers pendant le weekend de la pentecôte, ça n’avait évidemment rien à voir ! Mais les atouts et le charme de l’île restent bien là, je suis sûre que tes lutins vont s’en donner à coeur joie et je vous souhaite de très belles vacances :). Pas de souci pour les questions, je ne suis pas experte mais j’essaierai d’y répondre, avec plaisir ! 🙂

      Répondre
      • Kathy Boullaire
        Kathy Boullaire dit :

        En faite,tellement bien pensée et fait ce carnet,que vous avez déjà répondu à toutes mes interrogation. Après avoir tout lu, y compris les liens de reférences,qui me seront utiles,je pense le lire a ma fille avant de partir,pour lui donner l’envie de ce lieu de vacances,et pourquoi pas d’écrire à son tour son Carnet de vacances, a sa hauteur biensur,avec mon aide… merci pour cette lecture qui m’y a plonger totalement avec vos sompteux clichés. Me tarde d’y etre.

        Répondre
        • Korrigane
          Korrigane dit :

          Merci beaucoup pour cet élogieux retour ! 🙂 Ma grande Gnomette aime beaucoup écrire, et il lui est souvent arrivé de vouloir participer à l’écriture de carnet aussi, c’est sympa
          Tant mieux si cela peut donner quelques idées de-ci de-là 🙂 Il y a vraiment beaucoup d’autres choses à faire sur l’île que je n’ai pas eu le temps de découvrir, je suis sûre que vous passerez de superbes vacances ! 🙂

          Répondre

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