Nord-ouest des États-Unis – Youhou, y‘a quelqu’un ? De Jordan Valley à Burns, Oregon

Été 2015 – Californie, Utah, Wyoming, Idaho, Oregon : un mois sur les routes du nord-ouest américain en famille.

Objectif du jour : rien. Oui oui, rien. Non que nous n’ayons rien à faire, mais nous allons littéralement traverser un grand rien. Et je dois être assez bizarre pour être enjouée à cette idée !

Les premiers miles sont tout compte fait assez verts, du moins suffisamment pour que des agriculteurs y installent leurs exploitations.

Les véhicules rencontrés sont rares, pour ne pas dire inexistants. Et ce n’est que le début… Le ruban s’élance devant nos yeux sans la moindre aspérité. La ligne droite semble infinie…

Cependant, la trajectoire s’anime et laisse le relief prendre peu à peu vie, lorsque l’on quitte la route principale et que l’on s’aventure sur une longue piste qui contourne la Steens Mountain.

Si les paysages que l’on traverse ne semblent pas aussi époustouflants que ceux qui attirent généralement les touristes, on apprécie particulièrement d’être ici : on a l’impression de goûter, l’espace d’une journée ou deux, au vrai sens des mots « grands espaces » et à l’isolement qui les accompagne.

J’aime ces moments hors du temps, propices à l’humilité, à la simplicité, à la contemplation… Je ne m’en lasse pas !

La piste est facile, accessible avec n’importe quel type dé véhicule en dehors du tricycle, peut-être…

Quelle surprise de croiser cette énorme boîte aux lettres dans ce désert ! Ce n’est pas la première, et pourtant, cela reste chaque fois un étonnement.

Après avoir croisé boîte aux lettres et panneaux routiers, seules marques visibles de présence humaine, nous pensions retourner dans un isolement immobile et irréel lorsque ces animaux nous rappellent à la vie…

Au « bout » de la piste, on remarque au loin une étendue blanche qui semble être un lac asséché.

On tente alors de s’en approcher. Lutin, plus prudent que moi, préfère éviter de prendre le risque de s’y engager, le chemin permettant d’y accéder n’étant pas bien marqué et présentant surtout un dénivelé abrupte, bien que très court.

Têtue ou inconsciente, je m’y aventure : il s’avère que le chemin ne présente finalement aucune difficulté.

On n’arrive pas bien à déterminer de quoi il s’agit, mais à en juger par les traces qui recouvrent le sol, nous ne sommes pas les seuls à profiter de ce terrain de jeu pour conduire sur une surface plane et immense.

Magie des automatiques oblige, même les Gnomettes prennent le volant (la plus petite sur nos genoux, quand même), ce qui leur vaudra de dire fièrement qu’elles savent conduire. Aheum. Mais bien sûr…

On aperçoit au loin de la poussière qui s’élève telle des fumerolles qui s’élanceraient vers nous. On suppose qu’il s’agit de motos ou de quads qui improvisent une course, mais dans le doute, on préfère quitter les lieux avant qu’ils ne nous atteignent.

Pas de photo pour la pause du midi, mais ce déjeuner restera pourtant un moment marquant : on débarque dans une bourgade minuscule de 2 ou 3 maisons qui propose pourtant une cantine ainsi que ce que l’on pourrait appeler une station service sans pompe à essence pour les gens du coin. Mais, d’où peuvent bien sortir ces gens ? Aucune idée. Les clients ne sont pas très nombreux, une dizaine tout au plus, mais ce retour à la civilisation humaine contraste tant avec notre échappée désertique qu’on en garde une image de surpeuplement.

On mange tout à fait correctement et je crois qu’on fait notre petit effet lorsque l’on échange quelques mots avec le vendeur et qu’il apprend que l’on vient de France. Incrédule, il nous demande pourquoi on est ici et semble totalement désorienté à l’idée que l’on puisse venir dans ce coin par envie, par choix.

Difficile d’imaginer le quotidien solitaire des habitants de la région, pour qui les seules conversations se réduisent peut-être à quelques mots partagés dans cette épicerie…

Il est temps pour nous de reprendre la route et de rejoindre Burns.

Les câbles électriques apparaissent de-ci de-là, comme autant d’indices qui nous montrent que l’on va progressivement retrouver une vie plus proche de celle que l’on connaît…

Ce qui n’efface pas pour autant les interminables et ô combien appréciées lignes droites…

Là, clairement, ce n’est plus de l’ordre de l’indice, mais de la preuve irréfutable que d’ici peu, on va atteindre une ville !

Ah ben tiens, quand je disais que le désert n’était plus de mise…

Aucun regret d’avoir passé ce moment un peu à part dans notre périple. De manière générale, j’aime les contrastes, quels qu’ils soient. J’aime la variété, les changements, ils génèrent surprises, étonnements et émotions, et l’on peut dire que ces routes perdues n’ont rien de commun avec les grands parcs que l’on connaît : j’adore.

Comme j’écris ces quelques lignes plus de trois après notre retour, je dois avouer que je n’ai strictement aucun souvenir de Burns (mais alors rien de rien), ce devait être une étape sur la route pour nous rapprocher du prochain point phare : Bend.

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